Dossier n° 001

Le dossier 001 fut la première affaire conclue devant les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens. Il concernait Kaing Guek Eav, alias Duch, l’ancien dirigeant du centre de sécurité des Khmers rouges S-21, situé à Phnom Penh. 

Duch a été transféré de la prison militaire au centre de détention des CETC le 31 juillet 2007 sur ordonnance des co-juges d’instruction. Ces derniers ont mis Duch en accusation le 8 août 2008. Cette ordonnance a été confirmée et partiellement amendée par la Chambre préliminaire le 5 décembre 2008.

Suite aux audiences initiales des 17 et 18 février 2009, les audiences au fond ont commencé le 30 mars 2009. Celles consacrées à l’examen de la preuve se sont finies le 17 septembre 2009. Les réquisitoires et plaidoiries concluant les audiences se sont déroulés pendant cinq jours, du 23 au 27 novembre 2009. 

Durant les 72 jours d’audiences consacrées à l’examen de la preuve, la Chambre de première instance a entendu 9 témoins experts, 17 témoins ayant déposé par rapport aux faits, 7 témoins qui sont venus témoigner de leur connaissance du caractère de Kaing Guek Eav et du comportement de ce dernier ainsi que 22 parties civiles. Durant le procès, la Chambre a examiné sept thèmes relatifs aux poursuites : 

-Les questions relatives à M-13 ;

-L’établissement de S-21 et de la prison de Takmao ;

-La mise en œuvre des politiques du CPK à S-21 ;

-Le fonctionnement de S-21, dont Choeung Ek ; 

-Le conflit armé ; 

-L’établissement et le fonctionnement de S-24 ; et 

-Les questions relatives à la personnalité de l’accusé. 

Environ 1000 documents ont été soumis à la Chambre et ont fait l’objet d’un examen. Plus de 31000 visiteurs ont assisté au procès depuis la galerie du public de la salle d’audience. 

Le 26 juillet 2010, la Chambre de première instance a reconnu Kaing Guek Eav coupable de crimes contre l’humanité et de violations grave des Conventions de Genève de 1949, et l’a condamné à une peine de 35 années d’emprisonnement. Sa peine a été réduite de 5 ans à titre de mesure de réparation en raison  de l’illégalité ayant entaché sa détention sous l’autorité du Tribunal militaire du Cambodge entre le 10 mai 1999 et le 30 juillet 2007. A également été déduite de la durée de sa peine la totalité de la période de sa détention provisoire sous l’autorité des CETC. 

Concernant les demandes des parties civiles, la Chambre de première instance a admis 64 parties civiles et leur a accordé les réparations suivantes :

  • L’inclusion de leurs noms ainsi que de ceux des membres de leurs familles décédés durant les faits, en tant que parties civiles au jugement ; 
  • La compilation et la publication de toutes les excuses et reconnaissances de responsabilité faites par Duch. 

Tant l’accusé que les co-procureurs ont interjeté appel de ce jugement devant la Chambre de la Cour suprême. Un certain nombre de parties civiles (19 parties civiles et 22 personnes dont les demandes de constitution de partie civile avaient été rejetées) ont également formé un recours en appel contre les décisions de la Chambre de première instance concernant leurs demandes de réparation ou de constitution de partie civile. 

La Chambre de la Cour suprême a entendu les arguments présentés en appel durant la dernière semaine du mois de mars 2011 (du 28 au 30 mars 2011). Un résumé de l’Arrêt a été lu en audience publique par la Chambre de la Cour suprême le 3 février 2012.

Faisant droit aux moyens d’appel des co-procureurs, la Chambre de la Cour suprême a annulé la peine de 35 ans prononcée par la Chambre de première instance le 26 juillet 2010 et a condamné  KAING Guek Eav à une peine de réclusion à perpétuité, soit la peine maximale prévue par la loi. 

A la majorité qualifiée, la Chambre de la Cour suprême a annulé la décision par laquelle la Chambre de première instance avait accordé une réduction de peine de 5 ans à titre de réparation pour la violation des droits de l’Accusé du fait de l’illégalité de sa détention par le Tribunal militaire. La Chambre de la Cour suprême a rejeté le moyen d’appel par lequel KAING Guek Eav alléguait qu’il ne relevait pas de la compétence rationne personae des CETC.

Par ailleurs, la Chambre de la Cour suprême a estimé que la Chambre de première instance avait attaché un poids excessif aux circonstances atténuantes et un poids insuffisant à la gravité des crimes et aux circonstances aggravantes, ce qui constitue une erreur de droit.

Enfin, la Chambre de la Cour suprême a fait droit aux appels de 10 des 22 parties civiles dont les demandes de constitution de partie civile avait été rejetées par la Chambre de première instance. Elle a également tranché sur les appels interjetés par les parties civiles au sujet des réparations morales et collectives en confirmant la décision de jugement d’afficher l’intégralité des excuses et des déclarations de responsabilité faites par Duch durant l’ensemble de son procès sur le site internet des CETC. 

Conformément aux articles 5, 6 et 29 (nouveau) de la Loi relative à la création des CETC, la Chambre de la Cour suprême, dans son Arrêt rendu le 3 février 2012, a déclaré Kaing Guek Eav coupable des crimes suivants, commis à Phnom Penh et sur le territoire cambodgien entre le 17 avril 1975 et le 6 janvier 1979 : 

 

Crimes contre l'humanité 

- persécution pour motifs politiques ;

- extermination (cette infraction englobant celle de meurtre) ;

- réduction en esclavage ;

- emprisonnement ;

- torture ; et

- autres actes inhumains.

 

Violations graves des Conventions de Genève de 1949

- homicide intentionnel ;

- torture et traitements inhumains ;

- fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter gravement atteinte à l’intégrité physique ou à la santé ;

- fait de priver intentionnellement des prisonniers de guerre ou des civils de leur droit à un procès équitable ; et

- détention illégale de civils.

 

Documents sur le sujet

Témoins, experts et parties civiles dans le dossier 002. Cliquer sur la photo pour l'agrandir.
Mme CHIN Met Mme CHIN Met

Chin Met a déposé sa candidature de partie civile sur la base de son internement à S-24 et au nom de ses collègues de la division 450 qui sont morts sous le régime des Khmers rouges.

Chin Met a déclaré à la Chambre de Première Instance comment elle a été recrutée de force par l'armée des Khmers rouges lorsqu'elle était adolescente. En 1976, elle a été affectée à la culture du riz avant d'être transférée dans une usine de caoutchouc au milieu ou à la fin de 1977. Dans son témoignage, Chin Met a raconté son arrestation en Novembre 1977 à l'âge de 19. Elle fut transférée à un centre de détention qu'elle ne peut pas identifier comme elle avait les yeux bandés durant le déplacement. Là, elle fut internée pendant 15 jours et a été interrogée et torturée trois fois. Elle a ensuite été transférée à S-24 pour une rééducation. Elle a décrit les conditions extrêmement dures de travail forcé, de malnutrition, et le besoin constant d'atteindre les objectifs de travail. Elle a parlé de son désespoir, qui l'a amenée à tenter de se suicider. Elle a rappelé sa peur et l'épuisement constant, qui l'ont laissé avec des problèmes émotionnels et des cicatrices physiques.

Professeur David Chandler Professeur David Chandler

David Chandler est professeur émérite à l'Université Monash (Australie), diplomé des universités de Harvard, de Yale et du Michigan. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la période du Kampuchéa Démocratique. M. Chandler a témoigné en qualité d'expert dans le dossier 001 sur les opérations quotidiennes se déroulant dans la prison de sécurité S-21. Son témoignage dans le dossier 002/1 avait principalement pour objet l'analyse des politiques de mise en place de S-21, ainsi que les objectifs généraux et les fonctions des centres de sécurité (en particulier S-21) durant le régime du Kampuché Démocratique.

Christopher LAPEL Christopher LAPEL

Le pasteur Christopher Lapel a été appelé à témoigner sur la personnalité de l'accusé et, plus spécifiquement, sur l'importance et la sincérité de la foi religieuse de l'accusé.Pasteur Lapel a rencontré l'accusé pour la première fois sous le nom de Hang Pin en Décembre 1995, à Chamkar Samraong, Battambang, lorsque l'accusé a rejoint son église. L'accusé a été baptisé le 6 Janvier 1996 et après un cours de deux semaines, est retourné à son lieu d'origine pour servir en tant que pasteur laïc d'une communauté comprenant quatorze familles. Selon le pasteur Lapel, l'accusé s'est converti de son plein gré. Il a déclaré à la Chambre de Premiere Instance que son baptême avait changé l'accusé d'un homme triste sans paix, joie, ou but dans sa vie en "un homme avec un cœur de service", soucieux de "partager la parole de Dieu". Pastor Lapel appris du passé de l'accusé seulement en Avril 1999, quand il a été appelé par un journaliste de l'AP de Bangkok. L'accusé n'avait jamais partagé son passé avec lui. Il lui avait seulement dit qu'il avait péché à un point tel qu'il ne pouvait pas penser qu'il pourrait être pardonné. Le pasteur Lapel était surpris d'apprendre que l'accusé avait été le directeur de S-21, mais en même temps, il était "réjouit de voir un homme que Dieu a change d'un tueur a un croyant". Le pasteur Lapel lui-même avait perdu des amis proches à S-21, mais a déclaré à la Chambre que comme un "vrai croyant" qu'il avait pardonné l'accusé et a été en mesure de trouver la paix et la joie par cet acte de pardon: "je l'aime, je déteste ce [qu'il] a fait. Je déteste le péché, pas les pécheurs". 

M. Stephane Hessel M. Stephane Hessel

Stéphane Hessel, âgé de 91 ans, un ancien combattant de la résistance Française qui a été déporté dans un camp de concentration nazi, a été appelé par la défense en tant qu'expert sur la question du pardon. Après la guerre, il a participé à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme en 1948 aux côtés de René Cassin et a participe à la réconciliation Franco-Allemande en Europe après la guerre. En tant qu'expert, M. Hessel a déclaré à la Chambre de première instance qu'il est essentiel de ne pas attendre le pardon des victimes dans un processus de réconciliation a l'echelle nationale. Il a souligné que c'est un droit des victimes à rejeter tout type de pardon après le jugement. Il a élaboré sur le concept de la réconciliation, qu'il définit non pas comme le pardon des victimes, mais par le processus de construction d'une nation pacifique, qui ne peut être accompli qu'une fois l'impunité terminee. Il a fait valoir que la condition sine qua none pour la réconciliation est que tous les faits soient connus: "le concept de réconciliation doit aller de pair avec le concept de la vérité".

Juge Richard Joseph Goldstone Juge Richard Joseph Goldstone

Le juge Richard Goldstone, 70 and , professeur invité de droit à l'Université Fordham, a été appelé comme expert à témoigner sur des questions relatives à des plaidoyers de culpabilité dans les tribunaux pénaux internationaux. Le juge Goldstone a déclaré à la Chambre de première instance que trois aspects importants devaient être pris en compte lors de la détermination de la peine: la nature de la criminalité, l'intérêt des victimes, et les intérêts de la société. Pour les intérêts plus généraux de la société, il a dit que "une attention particuliere devrait être accordée à l'importance d'une admission ouverte et sincère de la culpabilité, et surtout si elle est accompagnée par une véritable excuse aux victimes et l'expression de remords". Le juge Goldstone a fait valoir qu'il y avait trois aspects importants de l'acceptation de la culpabilité et de la responsabilité. Tout d'abord, il a souligné que la reconnaissance publique de la gravité des crimes par une source officielle est importante pour les victimes. Deuxièmement, il a décrit ce que l'acceptation de la culpabilité est un élément essentiel pour mettre fin à la négation fabriquée. Troisièmement, il a déclaré que la reconnaissance de culpabilité pourrait influencer les autres à venir devant le Tribunal et d'admettre leur responsabilité similaire. Lors de son témoignage, il a souligné le fait que toute question d'atténuation doit être "secondaire à la gravité des crimes commis et de l'intérêt des victimes."

M. Raoul Marc Jennar M. Raoul Marc Jennar

M. Raoul Marc Jennar, 63 ans, consultant dans le domaine des relations internationales a été appelé à témoigner à titre d'expert sur les questions relatives aux fondations et aux opérations théoriques et pratiques du régime de terreur du Kampuchéa Démocratique (KD). Durant son témoignage, M. Jennar a identifié trois fondements de la terreur comme méthode du gouvernement du KD. Tout d'abord, il a décrit la culture de la violence au Cambodge, qui a été sustentée domestiquement par une répression violente de l'opposition depuis l'indépendance du pays en 1953 et extérieurement exacerbée par les bombardements américains. Deuxièmement, il a souligné la culture politique des dirigeants du KD: fortement influencés par une conception bolchevique et une pratique stalinienne du communisme, ils ont adopté une discipline de fer et ont procédés a éliminer les éléments douteux du régime. Troisièmement, M. Raoul Jennar a mentionné les particularités de l'interprétation unique de Pol Pot de la doctrine marxiste-léniniste du terrorisme étatique accentué. M. Jennar a déclaré à la Chambre de première instance qu'il avait accepté la déclaration de l'accusé comme étant à la fois "un serviteur et un otage" du système des Khmers rouges, car il considérait qu'une personne sous un tel régime dispose d'une marge de manœuvre. Il a en outre fait valoir que les dirigeants au plus haut niveau doivent assumer, en premier lieu, la plus grande responsabilité. Il a souligné l'existence d'autres centres de sécurité du KD, soutenant que les directeurs des centres dans lesquels un plus grand nombre de victimes ont été tuées qualifiaient également de «principaux responsables» des crimes du KD. 

PENG Poan PENG Poan

Peng Poan a été appelé à témoigner sur la personnalité de l'accusé.Peng Poan connaissait l'accusé sous le nom Hang Pin quand il travaillait sous ce nom enseignant au lycée de Phkoam durant les années scolaires de 1993 à 1995. L'accusé avait d'abord été recruté comme enseignant volontaire en chimie et physique pour les classes 7 et 8 avant d'être officiellement recruté à la fin de 1995. Lorsque l'accusé a été transféré au département de l'éducation de son district après un brigandage dans sa maison, Peng Poan perdu trace de lui.En tant que témoin de moralité, Peng Poan décrit l'accusé comme une personne douce et calme. Selon lui, l'accusé n'avait montré aucun signe d'anomalie. Il a déclaré à la Chambre que l'accusé était un enseignant remarquable et qu'il etait aimé par de nombreux élèves. Ils l'appelaient "Maître grand-père" en reconnaissance de son talent.Peng Poan appris seulement que l'accusé était l'ancien directeur de S-21 par le biais d'une émission au moment de son arrestation. Il a dit à la Chambre de première instance qu'il était très choqué quand il apprit cette nouvelle car il se souvenait de l'accusé comme un enseignant normal.

M. HUN Smirn 	M. HUN Smirn

Hun Smirn a été appelé comme témoin à témoigner sur la personnalité de l'accusé.Hun Smirn connaissait sous le nom Hang Pin d'Octobre 1996 à la fin de Février ou début Mars 1997, lorsque l'accusé a été affecté à travailler comme professeur de français sous sa supervision au lycée de Phkoam. En Février ou Mars 1997, l'accusé a disparu sans préavis. C'est seulement plus tard que Hun Smirn, alors directeur du lycée de Phkoam appris qu'il était parti pour Samlaut.En tant que témoin de moralité, Hun Smirn décrit l'accusé comme un enseignant généreux, gentil et sympathique. L'accusé était aimé par tout le monde et entretenait de bonnes relations avec le personnel, les étudiants, et la gestion de l'école. Il était aussi solitaire, calme et se trouvait toujours entrain de lire seul après le travail. Hun Smirn a raconté que son [l’accusé] travail était excellent et qu'il était toujours ponctuel et très attentionné. Cela lui a valu le surnom de "Kru Ta" ou "Maître grand-père" par les étudiants.Hun Smirn a témoigné devant la Chambre de première instance qu'il n'avait découvert le passé criminel de Hang Pinis qu'au moment de son arrestation en 1999 et a été extrêmement surpris de l'apprendre, déclarant: "Même aujourd'hui, il est extrêmement difficile pour moi de prendre qu'il était impliqué dans des crimes si graves en comparaison a sa carrière d'enseignant à mon école. Il était l’opposé complet de cela. Il était si parfait durant sa carrière d'enseignant."

M. CHOU Vin M. CHOU Vin

Chou Vin a été appelé comme témoin à témoigner sur la personnalité de l'accusé.Chou Vin a fait connaissance de l'Accusé sous le nom Hang Pin de 1995 à 1997 alors qu'ils étaient enseignants au Lycée de Phkoam dans le district de Svay Chek. Après un brigandage à la maison de l'accusé au cours de laquelle sa femme a été tuée, Chou Vin lui a offert de rester dans le département de l’éducation. L'accusé a ensuite travaillé comme son assistant personnel.En tant que témoin de moralité, Chou Vin décrit l'accusé comme étant un enseignant humble, travailleur, amical et méticuleux. Comme il était rapidement devenu l'enseignant le mieux instruit et la plus expérimenté de l'école, l'accusé pris le surnom "Kru Ta" ou "Maître grand-père". Il était apprécié par les enseignants et les étudiants.Chou Vin a déclaré à la Chambre de première instance qu'il n'a appris du passé criminel de l'accusé qu'au moment de son arrestation. Il a raconté qu'il était surpris d'apprendre que l'accusé avait occupé un poste sous le régime des Khmers rouges, comme il l'avait connu comme un "aîné, personne respectueuse". L'accusé lui avait caché son passé et avait indiqué dans sa candidature qu'il avait travaillé sur les programmes scolaires durant le régime du Kampuchéa démocratique.

M. TEP Sok M. TEP Sok

M. Tep Sok a été appelé comme témoin à témoigner sur la personnalité de l'Accusé.Tep Sok était un élève de l'accusé au collège de Skun à dans le district de Kampong Cham de 1966 à 1968.En tant que témoin de moralité, Tep Sok décrit l'accusé dans ces années comme étant un enseignant gentil, doux, et méticuleux. Il était apprécié par tous ses élèves. Il ne possédait pas de mauvaises habitudes et aimait se présenter comme tel. En tant qu'enseignant, l'accusé traitait ses élèves également. Tep Sok a raconté qu'il (l’accusé) donnait des fournitures scolaires et des cours privés gratuitement aux élèves défavorisés, y compris lui-même et que l'accusé offrait d’héberger les élèves pauvres. L'accusé avait également créé une coopérative pour que les étudiants soient en mesure d'acheter des fournitures scolaires à un prix moins cher. Tep Sok a déclaré à la Chambre de première instance qu'il croyait qu'en partie c’était grâce à l'accusé qu'il fut en mesure de devenir un enseignant lui-même et plus tard, un directeur d'école.M. Tep Sok appris du rôle de l'accusé sous le régime des Khmers rouges seulement au moment de son arrestation. Il a déclaré qu'il se sentait "plein de regrets qu'un tel homme vertueux aurait ete un criminel".

M. TEP Sem M. TEP Sem

M. Tep Sem a été appelé comme témoin à témoigner sur la personnalité de l'accusé.Tep Sem était un élève de l'accusé au Lycée de Skun à Kampong Cham au cours des années scolaires 1965 à 1968. L'accusé lui a enseigné les mathématiques, la géométrie ainsi que la littérature khmère.En tant que témoin de moralité, Tep Sem décrit l'accusé comme un enseignant remarquable qui était humble, ponctuel, et doux. Il était attentif envers ses étudiants et pour cela, il avait gagné leur respect. Tep Sem a déclaré à la Chambre de première instance que l'accusé offrait des cours particuliers gratuits aux élèves défavorisés et traitait les étudiants comme des égaux. Il a raconté comment, à la fin des cours, l'accusé soit présentait brièvement l'idéologie communiste à ses élèves, sans jamais les encourager explicitement à rejoindre le mouvement.

Mme. SOU Sath Mme. SOU Sath

Mme Sou Sath a été appelée comme témoin à témoigner sur la personnalité de l'accusé.

Sou Sath était un camarade de classe de l'accusé au Lycée de Kampong Thom pendant les années scolaires 1959 à 1961. Les deux étaient dans le même groupe d'étude.

En tant que témoin de moralité, Sou Sath décrit l'accusé comme une personne de bonne moralité, un élève fidèle, gentil, généreux, humble et docile. Elle a dit à la Chambre de première instance qu'elle l'avait remarqué car, contrairement à d'autres élèves dans la groupe d'étude, l'accusé ne cachait pas son savoir, mais était toujours désireux de le partager avec les autres. Elle l'a décrit comme étant un élève bon et ponctuel qui était respectueux envers ses professeurs et aidait les autres dans leurs études. Mais il n'avait pas beaucoup d'amis. 

Sou Sath a dit à la Chambre de première instance qu'elle ne pouvait imaginer qu'il deviendrait un jour directeur de S-21. Elle l'a appris dans le livre The Lost Executioner, une lecture qui l'a stupéfié et son terrorisé.

Mme Sou Sath demandé la permission d'effectuer une courte visite à l'accusé après son témoignage.

 

 

 

Mme Francoise Sironi-Guilbaud Mme Francoise Sironi-Guilbaud

Mme Françoise Sironi-Guilbaud, 51 ans, professeur de psychologie à l'Université de Paris 8 a été appelé comme experte à présenter une évaluation psychologique de l'accusé menée en 2008 et une mise à jour en Août 2009. Les experts ont déclaré que l'accusé ne présente aucune indication de trouble mental ou psychologique. Ils le décrivent comme une personne dévouée, facilement influencé par [et] répondant facilement à des ordres, avec un besoin d'affiliation, d’appréciation et de reconnaissance par ses supérieurs. Ayant satisfait son besoin de sécurité, l'idéologie marxiste a ensuite été remplacée par le Christianisme. Ils décrivent son comportement psychologique par des traits obsessionnels, un raisonnement pragmatique et mathématique, une dés-empathie et une alexithymie. Ils ont noté que l'accusé était en mesure de construire des mécanismes de défense puissants l'isolant de toutes réactions émotionnelles et conflits internes créés par sa réalité externe, des mécanismes qu'ils ont décrit comme lui permettant de nourrir sa propre famille tout en supervisant des infanticides à S-21. Cependant, les experts ont également noté chez l’Accusé une grande capacité d'auto-réflexion sur sa vie et ses actes tout au long de l'enquête et du procès. Les experts ont utilisé une méthode d’évaluation «géopolitique» qui analyse l'articulation de l'histoire personnelle et collective qui a été développé par Françoise Sironi-Guilbaud dans sa pratique professionnelle. Afin de comprendre l'accusé, selon elle, il était nécessaire de prendre en compte le poids des facteurs politiques, économiques, historiques et culturels sur sa personnalité. Les deux experts ont déclaré qu'ils croyaient que l'accusé pourrait être réhabilité et réintégré dans la société sur la base de ses expériences passées et de son état actuel.

M. Ka Sunbaunat M. Ka Sunbaunat

M. Ka Sunbaunat, 56 ans, doyen de la Faculté de médecine à l'Université Royale de Phnom Penh a été appelé comme expert à présenter une évaluation psychologique de l'accusé menée en 2008 et une mise à jour en Août 2009. Les experts ont déclaré que l'accusé ne présente aucune indication de trouble mental ou psychologique. Ils le décrivent comme une personne dévouée, facilement influencé par [et] répondant facilement à des ordres, avec un besoin d'affiliation, d’appréciation et de reconnaissance par ses supérieurs. Ayant satisfait son besoin de sécurité, l'idéologie marxiste a ensuite été remplacée par le Christianisme. Ils décrivent son comportement psychologique par des traits obsessionnels, un raisonnement pragmatique et mathématique, une dés-empathie et une alexithymie. Ils ont noté que l'accusé était en mesure de construire des mécanismes de défense puissants l'isolant de toutes réactions émotionnelles et conflits internes créés par sa réalité externe, des mécanismes qu'ils ont décrit comme lui permettant de nourrir sa propre famille tout en supervisant des infanticides à S-21. Cependant, les experts ont également noté chez l’Accusé une grande capacité d'auto-réflexion sur sa vie et ses actes tout au long de l'enquête et du procès.  Les experts ont utilisé une méthode d’évaluation «géopolitique» qui analyse l'articulation de l'histoire personnelle et collective qui a été développé par Françoise Sironi-Guilbaud dans sa pratique professionnelle. Durant son témoignage, Ka Sunbaunat mis en évidence les caractéristiques spécifiques du contexte culturel cambodgien pertinentes à leur évaluation. Les experts on subséquemment déclaré qu'ils croyaient que l'accusé pourrait être réhabilité et réintégré dans la société sur la base de ses expériences passées et son état actuel.

Dr. Chhim Sotheara Dr. Chhim Sotheara

Dr Chhim Sotheara, 41 ans, psychologue et directeur de Cambodia PTO a été appelé à témoigner en tant qu'expert sur l'impact psychologique du régime des Khmers rouges. Il a détaillé les conséquences sur l'état mental et physique des membres des familles victimes directes de la prison S-21 et de la nature du traumatisme résultant de la connaissance de la mort d'un parent. En plus de souligner la spécificité des relations familiales au sein de la culture Cambodgienne, le Dr Chhim a déclaré à la Chambre de première instance que 40% des Cambodgiens de plus de 18 ans ont connu des symptômes de stress post-traumatique. Il a expliqué la possibilité de transmission de traumatisme à la prochaine génération (traumatisme secondaire), et a détaillé les facteurs qui amplifient ces traumatismes tels que la pauvreté, les interactions quotidiennes avec les coupables, ou l'absence de services de santé mentale adéquats. Dr Chhim a souligné des facteurs importants conduisant a la guérison des victimes telles que la révélation de la vérité, la justice et la capacité de pardonner. Il a fait valoir que la guérison psychologique des victimes dépend de l'honnêteté et de la sincérité de l'accusé et des anciens dirigeants du Kampuchéa Démocratique. Il a analysé le rôle des CETC qui soulage la souffrance psychologique des victimes, remarquant que le tribunal peut aider à rendre une justice symbolique et révéler la vérité. Bien que le risque de revivre les événements traumatisants est augmenté par le tribunal, si un appui adéquat est fourni, le tribunal peut aider les victimes à faire face à leur traumatisme.

Mme CHHIN Navy

Mme Chhin Navy a déposé une candidature de partie civile sur la base de la mort de son mari Tea Hav Tek. En tant que partie civile, Chhin Navy a raconté à la Chambre sa vie sous les Khmers rouges après l'évacuation de Phnom Penh, ainsi que l'arrestation de son mari. M. Tea Hav Tek, qui travaillait comme chef de l'unité de l'aviation civile de Phnom Penh a été arrêté le 22 Février 1976. Il avait été dénoncé par la sœur de Chhin Navy comme étant un "agent de la CIA". Chin Navy a raconté comment elle a découvert le sort de son mari. Après la chute des Khmers rouges en 1979, elle est retournée à Phnom Penh avec ses enfants. Elle voulait être près de l'ancien lieu de travail de son mari afin qu'elle puisse le retrouver au cas où il retournerait. Elle travaillait à l'Hôpital du 7 Janvier lorsqu'elle a visité le musée du génocide de Tuol Sleng dans le cadre d'une visite du professionnelle en 1980. C'est la-bas qu'un Him Oeng Pech lui a dit que son mari avait été détenu à S-21 et exécuté le 25 mai 1976. Chhin Navy a déclaré à la Chambre de première instance qu'elle se sent trahi par les Khmers rouges. Elle a expliqué qu'elle ne pouvait comprendre pourquoi sa sœur aînée avait dénoncé son mari, vu qu'elle avait été endoctrinée par les Khmers rouges. Elle a décrit les sentiments de vide et de désespoir qu'elle a connu depuis la disparition de son mari et les difficultés particulières qu'elle a subies en tant que veuve.

M. TOUCH Monin

M. Touch Monin était une partie civile dans le Dossier 001 après avoir souffert de la perte de son cousin Chea Khan alias Chin. Il a rejoint les procédés en tant que partie civile au nom des parents de son cousin qui sont morts durant le régime des Khmers rouges. Son intention était de montrer sa gratitude à son cousin. En tant que partie civile, Touch Monin a déclaré à la Chambre de première instance comment sa famille avait été évacué de Phnom Penh. Son cousin Chea Khan avait quitté pour la Russie en 1965, mais était revenu au Cambodge en 1975, trois mois après que les Khmers rouges aient pris le pouvoir. Chea Khan avait été en mesure de rejoindre ses parents, mais il ne pouvait rester avec eux que jusqu'à la fin de 1976 lorsqu'il fut transféré. Sa famille a ensuite perdu sa trace. Après la chute des Khmers rouges, Touch Monin a mené des recherches à la prison de Tuol Sleng, mais a été incapable de trouver des informations concernant son cousin. C’était seulement en 1990 qu'il fut en mesure de trouver un document confirmant la détention de son frère à S-21. Chea Khan avait été arrêté le 2 Janvier 1977 et transféré à S-21 où il a été tué. Touch Monin a demandé à l'accusé si son frère avait été exécuté à S-21 ou Choeung Ek.

M. CHUM Sirath

M. Chum Sirath était partie civile dans le Dossier 001 pour avoir souffert de la perte de ses deux frères, Chum Narith et Chum Sinareth, ainsi que de sa belle-sœur Kem Sovannary. Lorsque les Khmers rouges a pris le pouvoir en 1975, Chum Sirath était à l'étranger à Genève, où il travaillait en tant que représentant pour une entreprise Cambodgienne des télécommunications depuis Novembre 1974. En tant que partie civile, Chum Sirath a racontée à la Chambre de première instance sa recherche de la vérité concernant le sort de ses frères. Il a découvert que Chum Narith, sa femme Kem Sovannary, et leur jeune enfant avaient été arrêtés et transférés à S-21 le 29 Octobre 1976. Chum Narith avait été exécuté le 1er Janvier 1977. Chum Narith, qui ne mâchait pas ses mots, avait été arrêté parce qu'il avait ouvertement critiqué le plan de collectivisation des Khmers rouges. M. Chum Sirath n'avait pas été en mesure de trouver des informations sur le sort de son autre frère Chum Sinareth, a part une photo prise à S-21. Chum Sirath décrit le dilemme constant qu'il ressent entre l'obligation de se rappeler de la souffrance de ses frères et sœurs et l'effort d'oublier qui est comme une obligation des survivants avec qui il vit aujourd'hui. Lors de son témoignage, Chum Sirath a rejeté l'auto-représentation de Duch comme quelqu'un qui travaille sans se préoccuper de sa propre souffrance, se référant au poème français que Duch avait cité. Il a également critiqué les excuses de Duch de manque d’authenticité. 

Mme CHUM Neou

Mme Chum Neou a déposé une candidature de partie civile sur la base de sa souffrance personnelle en tant que détenue à S-24, ainsi que sur la base de la mort de son bébé et de son mari, M. Nour Moeun. Mme Chum Neou rejoint la procédure en tant que partie civile dans le but d'obtenir justice et des réparations collectives et morales. Durant son témoignage, Mme Chum Neou révélât à la Chambre de première instance que c’était la première fois en 32 ans qu'elle parlait de ces événements. Elle a raconté comment elle avait rejoint la révolution volontairement en 1971, mais maintenant elle se sent trahie par les Khmers rouges. Son mari avait été arrêté et envoyé à S-21 le 9 Août 1977. Alors qu'elle travaillait dans la section logistique générale à Phnom Penh, elle fut été arrêtée le 12 Août 1977. Elle fut d'abord été envoyée dans le site de ré-éducation S-21 de Stueng Chrov. Là-bas, elle a donné naissance à son enfant qui décédât plus tard de famine. Mme Chum Neou a raconté comment elle a ensuite été emmenée à S-24. Elle a également décrit les conditions de détention difficiles qu'elle a dû endurer.

M. OU Savrith

M. Ou Savrith a témoigné depuis la France par vidéo-conférence. Il a déposé une candidature de partie civile sur la base de la mort de son frère aîné Ou Vindy à S-21. Il a rejoint les procédés en tant que partie civile en vue de rechercher la vérité sur l'arrestation, la détention et l'exécution de son frère. M. Ou Savrith a également parlé au nom de sa belle-sœur et sa nièce, dont-il a lu la lettre durant son témoignage, ainsi qu'au nom de ses autres parents. Le frère de M. Ou Savrith, M. Ou Vindy était un diplômé de l'École nationale d'administration de Phnom Penh. Il avait travaillé comme un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères dans le cabinet du Premier ministre Long Boret. Sous les Khmers rouges, il fut été arrêté le 13 Février 1976 et exécuté le 7 Janvier 1976. Depuis qu'il a quitté pour la France en 1973 pour continuer ses études, M. Ou Savrith avait été incapable de trouver le nom de son frère dans une liste de personnes arrêtées à S-21 jusqu'à la fin de 1979. En tant que partie civile, Ou Savrith exprimé le chagrin intense incité par la perte de son frère et par les nombreuses questions en suspens qui l'ont hanté depuis sa mort. Ou Savrith a posé a l’Accusé posé des questions concernant la date de l'entrée de son frère à S-21, son traitement , et si il avait été torturé.

Mme IM Sunthy

Parallèlement à sa fille Phung Guth Sunthary, Mme Im Sunthy a déposé une candidature de partie civile afin de préserver la mémoire de son mari M. Phung Ton qui a été détenu à S-21, et de découvrir la vérité sur son sort. M. Phung Ton était l'ancien doyen de l'Université Royale de Phnom Penh et un professeur de droit spécialisé en droit international. Il avait quitté le Cambodge le 16 Mars 1975 pour assister à une conférence sur le droit maritime à Genève. Après que les Khmers rouges aient pris le pouvoir, il est retournât au Cambodge le 25 Décembre 1975 afin de se réunir avec sa famille, mais n'a jamais été en mesure de le faire. Le 12 Décembre 1976, il a été arrêté et transféré à S-21. Le dernier document de S-21 se référant à lui est daté du 6 Juillet 1977. Mme Im Sunthy et sa famille vivaient dans l'espoir que Mr. Phung Ton était sauf en Europe jusqu'à ce qu'ils découvrent son sort en 1979. En tant que partie civile, Im Sunthy a raconté à la Chambre de première instance l'immense souffrance qu'elle a vécue et qui l'a amenée à envisager de se suicider à plusieurs reprises. Elle a dit que le temps n'a fait qu'intensifier son chagrin et qu’aujourd’hui, elle est seulement capable de survivre grâce a des médicaments. Im Sunthy décrit aussi les difficultés du veuvage et d'élever sept enfants sans son mari.

Mme SUNTHARY Phung Guth

Avec sa mère Mme Im Sunthy, Phung Guth Sunthary a présenté une candidature de partie civile afin de préserver la mémoire de son père M. Phung Ton qui fut détenu à S-21, et de découvrir la vérité sur son sort. M. Phung Ton était l'ancien doyen de l'Université Royale de Phnom Penh et un professeur de droit spécialisé en droit international. Il avait quitté le Cambodge le 16 Mars 1975 pour assister à une conférence sur le droit maritime à Genève. Après que les Khmers rouges aient pris le pouvoir, il est retournât au Cambodge le 25 Décembre 1975 afin de se réunir avec sa famille, mais n'a jamais été en mesure de le faire. Le 12 Décembre 1976, il a été arrêté et transféré à S-21. Le dernier document de S-21 se référant à lui est daté du 6 Juillet 1977. Mme Im Sunthy et sa famille vivaient dans l'espoir que Mr. Phung Ton était sauf en Europe jusqu'à ce qu'ils découvrent son sort en 1979. En tant que partie civile, Phung Guth Sunthary a raconté à la première instance Chambre ses souvenirs d'enfance et d'adolescence de son père. Elle a décrit les souffrances qu'elle a vécu aux côtés de sa famille, une souffrance qui s'est approfondie avec le temps. Elle a aussi raconté à la Chambre de première instance les recherches que sa famille a entrepris afin de découvrir la vérité sur le sort de son père.Phung Guth Sunthary a posé trois questions à l'accusé: "Qui a pris la décision de tuer son père?" "Quelles étaient les tortures infligées?" "Qui a décidé de le transférer à S-21?"

M. SEANG Vandy

Seang Vandy était partie civile dans le Dossier 001 après avoir souffert de la perte de son jeune frère Seang Phon, qui a été exécuté à S-21. M. Seang Vandy a déposé une candidature de partie civile pour obtenir la justice, faire une demande de réparation, et préserver la mémoire de son frère Seang Phon. Seang Vandy suivi l'appel du Prince Norodom Sihanouk à rejoindre les Khmers rouges au début des années 1970. Ses deux jeunes frères, Seang Phon et Seang Phat, ont été forcés de rejoindre l'armée des Khmers rouges en 1973. Ils ne sont jamais revenus. À la fin de 2007 ou au début 2008, Seang Vandy appris par le magazine de DC-CAM intitulé "Searching for the Truth" que Seang Phon avait été arrêté le 2 Octobre 1977 et transféré à S-21 où il a été tué. A S-21, Seang Phon avait trouvé deux enregistrements de ses aveux. En tant que partie civile, Seang Vandy a témoigné devant la Chambre de première instance de sa souffrance et de celle de sa famille depuis la disparition de son frère Seang Phon. Depuis qu'il a découvert le sort de son frère, il n'a pas été en mesure de bien dormir et vit dans le désespoir et l'impuissance.Seang Vandy a posé les questions suivantes à l'Accusé: "Connaissait-il à son frère comme un détenu de S-21?" "A-t-il lu et annoté les aveux de son frère?" "Comment l'Accusé peut-il prétendre d’être patriotique et dignitaire politique si il a tué ressortissants khmers?"

Mme HAV Sophea

Mme Hav Sophea était partie civile du Groupe 1 dans l'Affaire 001 après avoir souffert de la perte de son père M. Chen Sea alias Hav Han, qui avait été détenu et tué à S-21 le 15 mai 1976. Chen Sea était un cadre Khmer rouge qui qui était revenu de Hanoi. En tant que partie civile, Mme Hav Sophea a témoigné sur les effets de l'absence de son père, à la fois sur sa vie et sur celle de sa mère. Elle a dit à la Chambre que son père avait disparu au début de 1976, exactement 21 jours avant sa naissance. Sa mère a attendu le retour de son mari jusqu'en 1991 et toutes les deux avaient été choquées d'apprendre par DC-Cam en 2006 qu'il avait été exécuté à S-21. Mme Hav Sophea a rappelé comment sa mère était profondément affligée quand elles ont visitées Tuol Sleng en Janvier 2007. Mme Hav Sophea a décrit comment elle et sa mère ont lutté "financièrement, physiquement, émotionnellement" pour survivre depuis la disparition de son père. Hav Sophea a dû quitter au 7e grade et n'a pu devenir professeur de littérature Khmère comme elle l'avait souhaité.

Mme SO Soung

La candidature de Mme SO Soung pour devenir une partie civile a été rejetée par la Chambre de première instance. La Chambre de première instance a conclu que la photo provenant des archives de Tuol Sleng soumise par Mme So Soung ne constitue pas une attestation de l'identité de Meas Sun, et donc que So Soung n'a pas fourni de preuve de dépendance ou de lien d'affection envers son beau-frère.  Le résumé de la déposition de cette partie civile est inclus dans le but de fournir des informations sur ce qui a été dit dans la salle d'audience durant le procès. L'inclusion de ce résumé ne signifie pas que la Chambre de première instance a accepté le témoignage des faits liés à l'Accusé. So Soung a déposé une candidature de partie civile sur la base de la disparition de son beeau-frère Meas Sun le 28 Novembre 1978 et sa mort à S-21. En tant que partie civile, elle voulait aussi représenter sa sœur, qui était incapable de participer au procédés elle-même pour raisons de maladie. So Soung a été élevée par sa sœur aînée et son beau-frère depuis l'âge de sept ans, et donc elle les considère comme ses parents. Lors de son témoignage, So Soung décrit la situation désespérée a laquelle elle et sa famille ont dû faire face a cause de la disparition de son beau-frère. En plus d'une peine psychologique, la famille a lutté avec la pauvreté et ses neveux et nièces ont été privés d'une éducation.

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