Rappel des faits et rĂŽle
Khouy Muoy est un agriculteur qui vit actuellement dans le village de Srae Cham, district de Prey Nob, province de Kompot.
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Elle a tĂ©moignĂ© comme partie civile Ă lâaudience dans le dossier n°002/02 sur les conditions de travail pĂ©nibles et les relocalisations, lâexĂ©cution de membres de sa famille, la politique du Parti communiste du KampuchĂ©a (PCK) dâexĂ©cution des Vietnamiens (Yuons) et les mariages forcĂ©s sur son site de travail.
Conditions de travail et relocalisation
En 1975, Khouy Muoy et ses parents ont été transférés de Koh Seh, sa ville natale, à Srae Cham, une école à Prey Nob, dans la province de Kompot.
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En 1976, elle a été séparée de ses parents et envoyée dans une unité mobile dans la pagode de Prey Nob.
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Sous le rĂ©gime du KampuchĂ©a dĂ©mocratique (le rĂ©gime), elle a Ă©galement Ă©tĂ© envoyĂ©e travailler Ă Ta Ney aprĂšs avoir refusĂ© un mariage arrangĂ© et a ensuite Ă©tĂ© envoyĂ©e dans une unitĂ© mobile Ă Prey Nob jusquâĂ la fin du rĂ©gime.
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Elle avait pour missions cultiver, creuser des canaux et construire des barrages.
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Elle devait travailler dur et ne recevait pas suffisamment de nourriture et dâeau potable.
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Elle était autorisée à rentrer chez elle une ou deux fois par an, briÚvement.
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Exécution de Vietnamiens, y compris de sa famille
Fin 1978, Khouy Muoy a Ă©tĂ© autorisĂ© Ă rendre visite Ă ses parents et a appris dâun villageois prĂ©nommĂ© Chrunh quâils avaient Ă©tĂ© emmenĂ©s et tuĂ©s par les Khmers rouges, ainsi que treize autres membres de sa famille qui ont Ă©galement Ă©tĂ© accusĂ©s dâĂȘtre dâascendance vietnamienne et chinoise.
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Sous le régime, son frÚre Khoung Keng, a été placé à « Kong Serei » pour désobéissance.
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Le mot « Kong Serei » ou « unitĂ© libre » ou « unitĂ© libĂ©rale » dĂ©signait un site dâexĂ©cution.
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Son frĂšre et dâautres travailleurs Ă©taient enchaĂźnĂ©s durant leur travail et les prisonniers Ă©taient souvent tuĂ©s.
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AprĂšs avoir dĂ©couvert lâexĂ©cution de ses parents, elle a Ă©tĂ© en informer son frĂšre
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et a entendu dâun jeune qui y travaillait que son frĂšre avait Ă©tĂ© emmenĂ© et exĂ©cutĂ©.
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La Chambre de premiĂšre instance a trouvĂ© son tĂ©moignage peu clair sur la question de savoir si elle avait elle-mĂȘme assistĂ© aux exĂ©cutions ou non.
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Khouy Muoy connaissait quatre ou cinq familles vietnamiennes qui ont été évacuées de Koh Seh à Srae Cham et ont ensuite été « écrasées ».
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Elle a entendu de Voeun Sorn, qui Ă©tait en charge dâune unitĂ© de personnes ĂągĂ©es au sein de la coopĂ©rative, que le PCK menait une politique dâexĂ©cution des personnes dâethnie vietnamienne.
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Mariages forcés
Le chef de lâunitĂ© mobile de Khouy Muoy lui a demandĂ© de se marier Ă un homme, mais elle a refusĂ©, arguant son immaturitĂ©.
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Par la suite, elle a été postée à Ta Ney avec quatre ou cinq autres personnes pour transporter de la terre, fabriquer des paniers et du chaume pour les toitures.
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La Chambre de premiĂšre instance a citĂ© son tĂ©moignage, ainsi que dâautres, pour expliquer que lorsque des gens refusaient de se marier, on les changeait dâendroit.
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Au sein de son unitĂ© mobile Ă Prey Nob, elle a dĂ©couvert que certains travailleurs Ă©taient disposĂ©s Ă se marier alors que dâautres y ont Ă©tĂ© forcĂ©s.
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Quatre ou cinq couples ont par la suite refusĂ© de consommer leur mariage et les Khmers rouges sâen sont rendu compte. Ces gens ont Ă©tĂ© emmenĂ©s et exĂ©cutĂ©s.
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Déclaration sur la souffrance
âRien ne pourra compenser la perte de mes parents et de mes frĂšres et sĆurs. MĂȘme si l'on me donnait une pĂ©pite d'or de la taille d'une noix de coco, je ne donnerais pas mes parents en Ă©change. Ils ont pris tout notre or. Le fait d'ĂȘtre orpheline est extrĂȘmement douloureuxâ
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