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SAUTR Saing

Pseudonyme: 2-TCCP-304

Cas: Dossier n° 002/02

Catégorie: Partie civile

Rappel des faits et rôle
Saut Saing, est un ancien garde du Centre de sécurité de Kraing Ta Chan (le « centre de sécurité »). Il a comparu en tant que partie civile dans le dossier n° 002/02 au sujet des interrogatoires, de la torture, des rations insuffisantes de nourriture et des exécutions qui ont eu lieu dans le centre de sécurité. 1 La Chambre de première instance s’est appuyée sur le témoignage de Saut Saing pour conclure que : i) plusieurs personnes étaient détenues et enchaînées à l’intérieur du centre de sécurité ; 2 ii) les conditions de vie des prisonniers étaient déplorables ; 3 et iii) les prisonniers étaient interrogés et les enfants exécutés, 4 tout en précisant que les parties de son témoignage quant à sa propre culpabilité sont dans l’ensemble peu fiables. 5
Le travail au sein du centre de sécurité de Kraing Ta Chan
Saut Saing a rejoint la milice du district après avril 1975 et a travaillé sur des projets construction de barrages et de canaux sur plusieurs sites de travail dans le district Tram Kak district, dont le site de travail de Khpob Trabek 6 . Il a par la suite été affecté au poste de garde au Centre de sécurité en 1976 7 . Saut Saing était l’un des six membres de la milice du district ayant travaillé au centre de sécurité, dont son cousin Van Soeun, Srei Than (alias Duch) et Sim. 8 Il endossait plusieurs rôles au sein de la prison : notamment, il s’occupait des prisonniers, notait chaque jour le nombre de prisonniers entrants et le nombre de prisonniers sortants et était chargé d’enchaîner et de détacher les prisonniers. 9 Il était chargé de surveiller entre cinq et dix prisonniers dans le périmètre extérieur du camp, 10 qui avaient pour mission de transporter de la terre, de l’engrais ou de la bouse de vache pour fertiliser les champs. 11 Il dormait au sein de la prison et avait accès aux terres de la prison pour élever des porcs et faire à manger. 12 Saut Saing a affirmé qu’il n’était pas le responsable de l’unité des gardes, 13 tout en précisant que Ta Chem, un ami proche de la famille, était ami avec le chef de la prison, Ta An. 14 Environ une fois par mois, il prenait part à des réunions, au cours desquelles Ta An et d’autres dirigeants donnaient des instructions. 15 Ta Khorn et Ta Ros, tous deux membres du bureau du district, se sont rendus au centre de sécurité, mais ils ne sont rentrés en contact qu’avec la haute direction, c’est-à-dire Ta An, Ta Penh et Ta Cheng. 16 La Chambre de première instance s’est appuyée sur le témoignage de Saut Saing pour parvenir aux conclusions suivantes : i) certains prisonniers travaillaient au niveau de la clôture du périmètre extérieur ; 17 ii) des réunions se tenaient régulièrement au cours desquelles les gardes recevaient des instructions de la part de Ta An et d’autres dirigeants ; 18 et iii) les cadres du district, dont Ta Khorn, se sont rendus au centre de sécurité à une occasion. 19
Arrestation, détention et exécution des prisonniers
Des unités spéciales escortaient les prisonniers jusqu’à la clôture de la prison, où ils étaient récupérés par le personnel du bureau de sécurité. 20 Le centre de sécurité abritait trois bâtiments de détention, deux côté est et un côté ouest, 21 chaque bâtiment contenait deux rangées de prisonniers qui étaient entravés au niveau des chevilles. 22 Les prisonniers n’étaient pas autorisés à faire leur propre toilette 23 et ne recevaient pas non plus de traitement médical. 24 Des anciens fonctionnaires et soldats de la République khmère étaient détenus au centre de sécurité. 25 Lorsqu’il a été questionné au sujet d’un autre témoin, Meas Sokha, qui a témoigné devant la Chambre de première instance dans le dossier n° 002/02, il a raconté qu’il se souvient que juste après l’arrestation du père et du beau-frère de Meas Sokha, sa mère, Yeak Nha, et sa sœur, Yeay Rat, ont également été arrêtées et détenues au centre de sécurité. 26 Il a expliqué que lorsque les mères « disparaissaient », les enfants et les bébés « disparaissaient» aussi, en d’autres termes, ils étaient « tués ». 27 Le lieu où se déroulaient les interrogatoires se trouvait au sud du camp, sous un pongro, près de la cuisine des gardes. 28 Il y avait deux rangées de tombes au sud du lieu des interrogatoires. 29 Des fouets et des sacs en plastique étaient utilisés pour étouffer les prisonniers durant les interrogatoires. 30 Saut Saing a affirmé ne jamais avoir battu de prisonnier. 31 La Chambre de première instance s’est appuyée sur le témoignage de Saut Saing pour parvenir aux conclusions suivantes : i) des miliciens et/ou soldats escortaient les prisonniers jusqu’à la clôture extérieure du centre de sécurité, où ils étaient accueillis par les gardes ; 32  ii) les prisonniers étaient détenus dans les trois principaux bâtiments de détention ; 33 iii) les prisonniers étaient enchaînés en rang ; 34 iv) il était interdit aux prisonniers de faire leur toilette 35 et ils ne recevaient aucun traitement médical ; 36 v) les personnes suspectées d’être des anciens fonctionnaires ou soldats de la République khmère étaient transférées vers le centre de sécurité ; 37 vi) plusieurs membres de la famille de Meas Sokha ont été arrêtés et transférés au Centre de sécurité ; 38  vii) les bébés et les enfants étaient tués au Centre de sécurité ; 39  viii) il y avait une salle d’interrogatoire au sud de l’enceinte intérieure ; 40 et ix) les passages à tabac et étouffements étaient des méthodes fréquemment employées pour obtenir des aveux des prisonniers. 41 La Chambre de première instance a néanmoins estimé que Saut Saing manquait de crédibilité sur la question de sa présumée participation aux crimes et a rejeté son témoignage selon lequel d’autres gardes et lui ne battaient pas les prisonniers. 42

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Témoignage

DateProcès-verbal d’audienceNuméro de transcription
24 mars 2015E1/281E1/281.1
25 mars 2015E1/282E1/282.1

Documents pertinents

Titre du document en khmerTitre du document en anglaisTitre du document en françaisNuméro de document DDocument numéro E3
Aucun